Le jeu : une source de plaisir pour la personne polyhandicapée

Le jeu a une place très importante dans le développement de l’enfant. Pour la personne polyhandicapée adulte, les activités de loisirs offrent une continuité dans le développement mais surtout un maintien des acquis. Le besoin d’être stimulé est un besoin primaire (cfr la pyramide de Maslow). Ces activités de loisirs permettent une entrée en relation avec l’autre et par là même, sont un passeport pour la socialisation.

Vecteur d’apprentissage à tout âge

Pour les personnes polyhandicapées, les capacités d’apprentissage sont moins accessibles. On ne peut pas leur proposer une méthode et l’appliquer mécaniquement pour leur apprendre quelque chose. Il faut chercher leur intérêt, le plus souvent par le plaisir.

Le plaisir trouvé, beaucoup d’avantages découlent de ces activités :

  • La personne va pouvoir vivre des moments de plaisir qui favoriseront la stimulation de ses sens. C’est un vecteur agréable de maintien des apprentissages qui peut favoriser l’autonomie ;
  • Les activités de loisirs peuvent être également des moments privilégiés dans la rencontre avec l’autre ; une occasion de vivre des moments en tête à tête et de trouver une place en tant que personne à part entière dans une relation ;
  • La personne polyhandicapée peut trouver dans ces activités de loisirs une meilleure estime d’elle-même : à travers un regard bienveillant, elle se sent reconnue et valorisée ;
  • La communication a une place toute particulière dans ces moments car ils offrent la possibilité à l’accompagnant d’être attentif et d’apprendre à décoder le langage non-verbal de la personne polyhandicapée ;
  • L’accompagnant apprend à comprendre la personne et grâce à cela, il va pouvoir proposer des choix à la personne polyhandicapée.

« Se laver les mains en soi, ce n’est pas très intéressant. Mais si je mets de l’eau chaude et le savon dans une bassine et que je souffle dans l’eau avec une paille, cela fait une montagne de bulles. Je peux regarder les bulles qui se forment, je peux les toucher, les manipuler. Je peux les écraser et les éclabousser. Je peux faire glisser les bulles d’une main à l’autre ou je peux souffler moi-même dans la paille. L’air de rien, je me lave les mains mais je m’amuse ».

Raconté par Elisabeth RENARD, maman d’Antoine

La personne polyhandicapée a le droit d’avoir des loisirs

Comme amplement développé dans l’ouvrage, il n’est plus contestable que les personnes polyhandicapées ont droit aux activités de loisirs pour que leur vie ne se résume pas aux soins de nursing de base au quotidien.

Mais qu’est-ce qu’un loisir pour une personne polyhandicapée ?

La notion de loisirs même semble difficile à définir. Est-ce une promenade en voiturette ? Assister en spectateur à la confection du repas ? Aller à la piscine, est-ce une thérapie ou un loisir ?

Il y a beaucoup de définitions du loisir, aussi bien pour les personnes ordinaires que pour les personnes polyhandicapées. Les éléments essentiels de ces définitions sont : être libre de choisir des activités non obligatoires, des activités qui permettent de nombreuses possibilités et qui reprennent des intérêts physiques, culturels et sociaux.

Mais effectuer un choix libre est loin d’être facile pour des personnes polyhandicapées. Comme un retard intellectuel important est toujours associé avec d’autres handicaps physiques et des troubles sensoriels, ces personnes sont aussi fortement dépendantes de ce que l’entourage perçoit de leur formulation de choix. De plus, il nous est difficile de définir pour elles des activités qui soient non obligatoires. Cette situation ne reflète pas seulement la complexité de leurs besoins ou nos difficultés à évaluer ce qui est nécessaire pour améliorer leur qualité de vie, mais aussi, l’intérêt peut-être trop important que l’on porte à l’aspect thérapeutique, médical et éducatif.

Un temps de qualité et non une manière de passer le temps

Il est essentiel que les loisirs pour les personnes polyhandicapées adultes soient un temps de qualité et non une manière de passer le temps ; c’est pourquoi ces moments doivent être réfléchis, organisés et planifiés. Certains diront que c’est contradictoire avec la notion même de loisirs qui, leur semble-t-il, doivent être libres et sans contraintes. C’est oublier que les personnes polyhandicapées dépendent d’une aide extérieure pour leur permettre d’accéder à ces loisirs…